vendredi 11 octobre 2019

2021, Odyssée du Rail ?



Après une année 2020 de transition, l’année 2021 devrait voir entrer pleinement en vigueur l’ouverture à la concurrence du ferroviaire pour les voyageurs, aussi bien pour les activités conventionnées (TER et TET) que pour les activités purement commerciales (TGV).

En effet, le calendrier de l’ouverture à la concurrence est le suivant :

Décembre 2019
Possibilité pour les régions de faire un appel d’offre pour tout ou partie de l’exploitation de leur réseau.
Décembre 2020
Possibilité pour n’importe quelle entreprise ferroviaire bénéficiant des agréments de sécurité nécessaires d’exploiter un service commercial ferroviaire
A partir de Décembre 2023
Obligation pour les régions de faire un appel d’offre pour le renouvellement des conventions d’exploitation de leur réseau

En ce qui concerne le Transilien, une période de transition supérieure est accordée au cas par cas selon les lignes. Pendant cette période, l’autorité organisatrice (Ile de France Mobilités) a la liberté de décider de poursuivre l’exploitation ou de réaliser un appel d’offre.


Lignes Transilien
Arrivée de la concurrence
Au plus tôt
Au plus tard
RER A & B
2040
RER C & D
2033
2040
RER E
2025
2040
Autres lignes Transilien hors RER
2023
2034

Ces changements impactent aussi le Gestionnaire d’Infrastructure SNCF Réseau, qui sera amené à gérer de nouveaux clients. L’un des objectifs de l’ouverture à la concurrence (qu’on y soit ou pas favorable) est de libéraliser l’accès au réseau afin de stimuler l’offre de transports, et de maximiser sur le long terme les ressources du gestionnaire d’infrastructure permettant notamment l’entretien, le renouvellement et le développement du réseau.
Pour cela, SNCF Réseau a mené une réforme de sa tarification, qui se traduit pleinement dans le Document de Référence du Réseau pour l’année 2021 et qui voit une évolution marquée par rapport aux précédents (voir pour comparaison par exemple un article précédent de ce blog).
Cet article vise à résumer les principes et les évolutions apportées, et à les mettre en perspective. Il s’appuie sur et cite en grande partie le DRR 2021.

I) Généralités sur les péages

 

1) Principes

 

 Il existe trois redevances fondées sur le coût directement imputable (CDI) des circulations :
- la redevance de circulation (RC), qui recouvre la somme des coûts marginaux d’entretien, d’exploitation et de renouvellement des voies (hors installations électriques). Cette redevance est la somme d’un prix unitaire fixe et d’un prix proportionnel au tonnage circulé.
- la redevance de circulation électrique (RCE), qui recouvre la somme des coûts marginaux d’entretien et de renouvellement des installations électriques, est applicable aux convois à traction électrique
- la couverture des pertes des systèmes électriques (RCTE – composante A), applicable aux convois à traction électrique

SNCF Réseau peut, afin de procéder au recouvrement total des coûts encourus par lui et si le marché s'y prête, percevoir des majorations des redevances d'infrastructure pour des segments particuliers de marché. Il existe deux types de majorations :
- la redevance de marché (RM), pour laquelle SNCF Réseau a défini une liste de segments de marché et un niveau de majoration associé
- la redevance d’accès (RA) est applicable aux activités conventionnées (Transilien, TER et TET) en tant que forfait pour leur accès au réseau.

SNCF Réseau peut fixer ou maintenir des redevances lorsqu'à la demande d'un tiers public ou privé des aménagements particuliers sont réalisés pour améliorer les performances offertes par le réseau ferré national, ou pour répondre aux besoins du demandeur. Ces redevances sont les redevances particulières (RP) tenant compte de l’investissement réalisé par SNCF Réseau

SNCF Réseau peut également percevoir au titre de la rareté des capacités, une redevance durant les périodes de saturation constatées ou prévisibles sur les sections de l'infrastructure déclarées saturées. Cette redevance correspond à la redevance de saturation (RS), qui, applicable à toutes les activités, incite à adapter les demandes de sillons en cas de saturation prévisible puis constatée.

2) Exemple

 

 A titre d’exemple, le péage a été calculé sur 4 dessertes, localisées sur deux grands axes du réseau :
- Paris Lyon-Part-Dieu
- Paris Lyon-Part-Dieu Chambéry
- Paris Chambéry (sans arrêt à Lyon)
- Paris Bordeaux
Pour le calcul, on a utilisé l’hypothèse maximaliste d’une circulation en UM Duplex un vendredi à 17h.
Le montant de chacune des redevances est résumé dans le graphique ci-dessous. On notera la structure un peu différente des péages payés à LISEA, l’entreprise concessionnaire de la LGV SEA (Sud Europe Atlantique, Tours-Bordeaux), qui fait intervenir une Redevance de Réservation (RR) à la place de la Redevance de Marché.


Montant des redevances par nature, sur 4 dessertes d'exemple


On notera la part très faible de certaines redevances (RCE, RP, moins de 1%), et la part à l’inverse prépondérante de la Redevance de Marché (autour de 80%).

Ce graphique peut également être rapporté par passager (en supposant un remplissage à 100%) dans le graphique ci-dessous :
Montant des redevances par passager


II) Évolutions du DRR 2021

 

1) Évolution de la classification RC

 

a) Nouvelle segmentation


A compter du DRR 2021, une nouvelle classification des sillons grande vitesse est effectuée en fonction de leur segment de marché, en regroupant certaines catégories historiquement segmentées en fonction de l’axe emprunté.
La caractérisation des segments domestiques A, B, C, D, E (du plus cher au moins cher) est fondée sur une analyse économique du marché passagers à travers 2 critères croisés : la taille du marché (potentiel défini selon la population) et l’importance de la concurrence rail ou route (selon les temps de parcours respectifs de chaque mode). Cette analyse, menée à partir de données caractérisant les aires urbaines desservies par le TAGV a permis de définir 5 segments TAGV :

Description des segments (source : DRR 2021, SNCF Réseau)

Cette segmentation vise à préserver l’attractivité du ferroviaire par rapport à d’autres modes de transport, tout en tenant compte du potentiel commercial de chaque segment.

C’est ce qui permet par exemple au sillon Paris Chambéry d’être moins cher que le sillon Paris Lyon Chambéry, grâce au classement du premier en catégorie A en raison de l’arrêt à Lyon, et le second en catégorie C car sans arrêt à Lyon. A noter que cette classification n’est pas clairement explicitée par Origine/Destination dans le DRR et qu’il s’agit donc ici d’une hypothèse à vérifier.

b) Nouvelles modulations de la RM


Deux nouvelles modulations sont appliquées sur le montant de la RM :
- Une modulation horaire : les sillons dont le départ est en heures pleines (HP) ont un prix unitaire majoré (+15% pour les TAGV, Trains Aptes à la Grande Vitesse), tandis que les sillons dont le départ est en heures creuses (HC) bénéficient d’un prix unitaire minoré (-20% pour les TAGV), par rapport au prix des heures normales (HN).
La définition des plages horaires concernées ainsi que des coefficients de modulation dépendent de l’activité concernée
- Une modulation selon la capacité d’emport : une minoration de la RM LGV est appliquée pour les unités simples (US) avec un coefficient multiplicateur de 0,96 et une majoration d’un coefficient multiplicateur de 1,07 pour les unités multiples (UM).

Il s’agit d’un retour pour ces modulations qui existaient par le passé, puis avaient été supprimées à la demande de l’ARAFER. Ces principes se rapprochent de ceux déjà utilisés par LISEA, bien que les plages horaires et les coefficients utilisés soient différents.

Si l’on compare les montants de la Redevance de Marché 2021 avec ceux de 2020 en les distinguant par anciens segments 2020, on s’aperçoit que certains ont fortement augmenté (les TAGV Radiaux Lyon et les TAGV Est), alors que d’autres ont fortement baissé (Radiaux Bourgogne Franche Comté, Radiaux Alpes notamment).
Le graphique ci-dessous résume ces constats.

Montants de la redevance de marché 2021 VS 2020

Note de lecture : pour 2021, le bas de la barre représente les US en heure creuse, le bas du rectangle les US en heure normale, le haut du rectangle les UM en heures normales, et le haut de la barre les UM en heures de pointe.
Pour les intersecteurs et les radiaux BFC, il n’y a pas de modulation horaire.

c) Annulation de la RM pour les lignes d’aménagement du territoire


Conformément à la loi pour un Nouveau Pacte Ferroviaire, la RM est nulle pour les TAGV domestiques empruntant les sections de lignes classiques éligibles à l’ « Aménagement du territoire ». Ces sections sont définies selon 3 critères : population, revenu médian et présence d’installations touristiques (bord de mer, patrimoine, part des résidences secondaires, part des taux d’emplois présentiels…). L’annulation de la RM sur ces sections traduit une tarification au coût directement imputable sur les sections de ligne classique comprises entre la sortie des LGV et les villes desservies.

Ces sections reprennent une bonne partie des extrémités de dessertes TGV, parmi lesquelles on peut citer :
- plusieurs lignes alpines (Montmélian-Bourg St Maurice et Modane …)
- plusieurs lignes bourguignonnes (Montbard-Dijon-Besançon, Dijon-Mâcon, …)
- quelques lignes bretonnes (Rennes-Brest, Rennes-Quimper, Rennes-St Malo…)
- quelques lignes de la région Nantaise (Nantes-Le Croisic, Nantes-Les Sables d’Olonne)
- quelques lignes du nord (Arras-Dunkerque, Arras-Valenciennes, …)
- les sorties de la LGV SEA vers Angoulême et Ruffec et plus globalement la ligne classique Poitiers-Angoulême-Libourne
- quelques lignes du sud-ouest (Dax-Pau-Tarbes)
- quelques lignes du sud-est (Valence-Montélimar-Avignon-Arles-Miramas)
- quelques lignes de l’est (Nancy-St Dié et Epinal, Selestat-Colmar-Mulhouse, …)

Dans le cas de notre exemple, pour les sillons Paris Chambéry (avec ou sans arrêt à Lyon), cette réduction s’élève à 272€, soit entre 1.5 et 2.5% du prix du sillon, ou entre 26 et 53 centimes par passager.

2) Évolution de la grille horaire LISEA


Le document de référence LISEA utilise également la notion de modulation horaire pour paramétrer la valeur de la Redevance de Réservation. La définition des périodes et du coefficient est cependant différente de celle utilisée par SNCF Réseau, qui elle-même de légères variations suivant les segments (+/-1h dans la définition des heures pleines).
La définition des segments horaires a elle-même connu une évolution chez LISEA.
Ces éléments sont repris dans le graphique ci-dessous :

Coefficient de modulation horaire

On note chez LISEA un décalage d’1h30 de l’heure de pointe matinale, et un élargissement d’1h30 de l’heure de pointe du soir en 2021 par rapport à 2020. Ces évolutions traduisent probablement une optimisation des recettes de la part de LISEA, bien qu’il soit difficile à ce stade d’en évaluer l’impact sans analyser le plan de transport de SNCF Mobilités.

3) Autres évolutions


a) Redevance Particulière liée au projet LGV+


Le projet LGV+ Paris-Lyon vise à mettre en place le système interopérable européen ERTMS et à moderniser les installations de signalisation sur la ligne LGV. Nécessitant un investissement important de SNCF Réseau, il fait l’objet d’une redevance particulière qui vient couvrir la part de financement de SNCF Réseau de 194M€, pour la période 2021-2045.
Comme identifié sur la première figure de l’article, cette redevance reste minime, de l’ordre de 15 centimes par passagers et environ 1% du prix total du sillon.

b) Suppression de la redevance pour la prestation de coordination de gestion des situations de crise


L’année 2021 marque la disparition de l’éphémère “Redevance pour la prestation de coordination de gestion des situations de crise”, pour laquelle l’ARAFER relevait dans son avis du 07 Février 2019 que l’absence des textes d’application prévus par la loi ne permettait pas de déterminer sa nature facultative ou obligatoire, et estimait donc sa mise en œuvre prématurée tant que le cadre juridique  n’aurait pas été stabilisé. SNCF Réseau a donc suivi cet avis et supprimé (pour le moment ?) cette redevance.

III) Accès au réseau & Ouverture à la concurrence

 

1) Concertation & saturation

 

a) Mécanismes de concertation


Le système ferroviaire étant par nature contraint à une seule dimension, l’arrivée de la concurrence risque d’impliquer des batailles pour le choix des meilleurs sillons.
Pour y pallier, le Document de Référence du Réseau prévoit en premier lieu un mécanisme de concertation avec les parties prenantes pendant la phase de structuration des capacités (de A-5 à A-2), où SNCF Réseau est amené à formuler aux demandeurs des propositions au plus proche de l’expression de besoin.
En phase de pré-construction du graphique de circulation (A-2), SNCF Réseau s’efforce de rechercher un consensus entre les parties et choisit à défaut pour établir son offre (Graphique pré-construit) la solution apparaissant comme la plus optimale en termes d’utilisation de la capacité disponible et la plus équitable par rapport aux demandeurs concernés.
Si à l’issue de cette phase, SNCF Réseau identifie une section de ligne où elle ne parvient pas à concilier toutes les demandes pendant une certaine plage de temps, elle effectue alors une déclaration de saturation prévisible, qui prévient de la possibilité de mise en œuvre d’une tarification additionnelle de saturation si la saturation venait à être confirmée.

En cas de demande concurrentes pendant la phase de construction du graphique (jusqu’à Septembre A-1), SNCF Réseau mène une coordination entre les demandeurs sans révéler leurs identités (sauf acceptation).

Dans le cas où la concertation ne permet pas de traiter les conflits, SNCF Réseau tiendra compte pour construire le graphique de circulation des critères suivants :
- les demandes revendiquant des sillons préconstruits fret ou voyageurs
- les demandes de sillons comparables à des sillons préconstruits fret ou voyageurs
- sur infrastructure spécialisée grande vitesse, telle que définie au point 3.4, dans l’ordre :
            1. les demandes pour des missions de reconnaissance de l’infrastructure ;
            2. les demandes pour des trains en exploitation commerciale circulant à V>=250 km/h
- les demandes de sillons dont le parcours sur le RFN est supérieur ou égale à 500 km;
- les demandes de sillons circulant plus de 50 jours par an ;

SNCF Réseau n’utilise pas la faculté permise par la loi de prendre en compte les niveaux antérieurs d’utilisation des sillons pour déterminer des priorités d’attribution.

b) La saturation


Si le processus de concertation échoue, SNCF Réseau déclare l’infrastructure saturée pendant la période de temps concernée.

Une première occurrence de cette situation vient d’être rencontrée avec la déclaration officielle par SNCF Réseau en Septembre 2019 de la saturation de la voie unique entre St André le Gaz et Chambéry entre 09h et 10h pour l’horaire de service 2020, en raison d’un conflit entre un service conventionné (TER) et un service international (très probablement Thello).

La déclaration de saturation implique pour SNCF Réseau la définition d’un plan de renforcement des capacités, qui peut comprendre notamment des mesures d'exploitation telles que la modification des vitesses de circulation, l’organisation des flux et services, etc. Le plan de renforcement peut également prévoir, si la situation s’y prête, des critères de priorité d’attribution des sillons spécifiques.

Les sections déclarées saturées sont affectées d’une redevance supplémentaire afin d’amender la demande sillon et de favoriser la désaturation. Plusieurs critères doivent être respectés :
- Si la saturation constatée n’a pas été déclarée prévisible, il n’y aura pas de tarification de saturation (ce qui est le cas pour la voie unique Alpine),
- Il est nécessaire qu’il y ait deux activités différentes (ou segment de marché pour le conventionné) et/ou 2 EF candidates en conflit pour la tarification de la saturation,
- La tarification de saturation s’applique à toute circulation traversant la section déclarée saturée pendant la période concernée.

A titre d’exemple, dans le cas de la ligne St André le Gaz-Chambéry, la redevance s’élève à 333.8€ par train, soit entre 2 et 4% du montant total du péage, soit encore entre 30 et 65 centimes par passager.

Au final, si toutes ces mesures ne permettent pas de dégager de solution, SNCF Réseau applique les  critères utilisés lors de la concertation, auxquels s’ajoutent notamment la priorité des demandes pour des services effectués dans le cadre d’un contrat de service public (ce qui devrait donc dans le cas de la voie unique favoriser le service TER).
En cas d’égalité, elle affecte au final les sillons en équité au regard de l’utilisation optimale du réseau ferroviaire (ce qui reste somme toute assez flou…).

2) Aides diverses

 

a) Aide aux nouveaux entrants


A compter du service annuel 2021, afin d’accompagner l’ouverture du marché voyageurs et comme permis par la loi, SNCF Réseau a choisi de mettre en place un processus de tarification différenciée pour un nouvel entrant, opérant dans le cadre de l’activité voyageurs non conventionnée (donc hors TER et TET).
Une entreprise sera considérée comme nouvel entrant lorsque :
- Son entrée sur un marché intervient moins de 12 mois avant le début de l’horaire de service 2021.
- Il n’ait pas une partie de son capital détenu, directement ou indirectement, par une entreprise effectuant, ayant effectué ou contrôlant une entité ayant exploité un service ferroviaire relatifs aux activités envisagées (non conventionnées) par le candidat sur les HDS précédents sur le réseau français.
- Qu’il n’exploite pas un service préexistant dont la réalisation lui a été confiée par une autre entité.

Le candidat communique alors à SNCF Réseau les détails de son projet d’offres (volume de trains-km, taux de remplissage, chiffre d’affaires prévu, niveau et nature de charges, niveau de résultat prévisionnel sur 5 ans). Après analyse des perspectives de l’entreprise, SNCF Réseau proposera un niveau de tarification différenciée pour une période transitoire (2 ans + 1 année selon réexamen). Ce processus sera conduit sous l’égide de l’ARAFER.

b) Aide au développement de nouveaux trafics


Un deuxième type d’aide (non cumulable avec la précédente) est proposé, afin d’aider au développement de nouveaux trafics. Déjà existant en 2020, il est largement simplifié dans le DRR 2021, et ne s’applique pas uniquement aux nouveaux entrants (l’entreprise historique SNCF peut donc a priori également en bénéficier si elle développe de nouveaux trafics).
Cette aide s’applique aux conditions cumulatives suivantes :
- Elle ne s’applique qu’aux services voyageurs non conventionnés (donc hors TER et TET).
- Elle doit correspondre à une hausse de la politique de desserte de l’entreprise ferroviaire considérée :
            - allongement d’un sillon déjà existant,
            - création d’un service sur ligne classique en plus de celui déjà existant sur LGV,
            - création d’une nouvelle origine/destination, sauf :
                        - s’il s’agit du raccourcissement d’une O/D déjà existante
                        - si elle a pour origine ou destination une gare située sur LGV
L’augmentation de la politique de desserte est appréciée en tenant compte des filiales et de la maison mère de l’entreprise sollicitant l’aide, ainsi que l’historique des 3 dernières années et de la sous-traitance
- Le nouveau service ne doit pas être réalisé sur une ligne déclarée saturée (voir II)1))
- Le nouveau service ne doit pas emprunter une nouvelle infrastructure dont SNCF Réseau est le gestionnaire lors des trois premières années de mise en service de cette dernière (ex : le CEVA).

Le montant de l’aide est égale à:
• -10% de la redevance de marché (RM) sur LGV
• -20% de la redevance de marché sur Ligne Classique
sur une durée de deux ans.

Par ailleurs, le concessionnaire de la LGV SEA annonce dans son document de référence 2021 étudier, en lien avec l’autorité de régulation, la mise en place d’un système similaire d’aide au développement des trafics domestiques. Une telle aide existe déjà depuis 2019 pour le développement des trafics internationaux (aide qui a probablement profité à Thalys pour la mise en place de la desserte Bruxelles-Bordeaux), sous la forme d’une réduction de 20% de la Redevance de Réservation pendant un an.

Pour une nouvelle entreprise qui souhaiterait développer une nouvelle offre entre Paris et Lyon par exemple, sans présager du caractère plus ou moins intéressant de l’aide aux nouveaux entrants puisqu’elle est négociée de manière personnalisée avec chaque entreprise, le montant de l’aide au développement de nouveaux trafics varie entre 875 et 1385€ dans chacun des 3 cas étudiés précédemment, soit entre 8 et 9% de réduction sur le total du péage et entre 0.95 et 1.72€ par passager.

Conclusion


Le DRR 2021 ne marque pas la fin des évolutions du Document de Référence du Réseau, puisque celui-ci doit être mis à jour régulièrement pour tenir compte des meilleures pratiques internationales, comme préconisé par un règlement d’exécution européen. SNCF Réseau indique ainsi dans les annexes du DRR prévoir une mise à jour des modèles d’estimation des coûts pour le prochain cycle tarifaire (2024-2026).
Mais cette nouvelle mouture (encore en version projet pas encore soumise à la validation de l’ARAFER) marque déjà plusieurs évolutions destinées notamment à préparer l’ouverture à la concurrence.
Reste maintenant à la mettre en musique, et à observer les stratégies des différentes Entreprises Ferroviaires pour optimiser leurs coûts, et observer les conséquences sur les dessertes qui sont plus proches de l’aménagement du territoire que d’un véritable intérêt commercial. L’objectif des évolutions apportées est de limiter le risque d’écrémage par un nouvel entrant (qui se concentrerait sur les dessertes les plus rentables en siphonnant les bénéfices de l’opérateur historique, le poussant à supprimer les dessertes les moins rentables car ne pouvant plus être supportées par la péréquation interne à l’activité, et réduisant in fine l’utilisation du réseau et donc les recettes de SNCF Réseau). L’avenir nous dira si cet objectif est atteint...

vendredi 16 février 2018

Le rapport Spinetta - Synthèse détaillée

Hier a été remis au premier ministre le rapport Spinetta, du nom de l’ancien PDG d’Air France, missionné par le Premier Ministre Edouard Philippe pour “préparer une stratégie d’ensemble pour refondre le modèle du transport ferroviaire dans le cadre d’un marché ouvert à la concurrence, en préservant les missions d’un service public performant”.
Je vous en propose ici une lecture personnelle, ouverte à la discussion.

Disclaimer : Je suis cheminot, et attaché au service public, et l’objectif de cet article n’est pas ni de critiquer, ni d’encenser le rapport, ni même de donner mon opinion, simplement d’essayer de le comprendre de manière factuelle, sans arrière pensée diabolique cachée. Une idée un peu folle d’ailleurs serait de le compléter par un espèce de rapport citoyen collaboratif, précisant à quelles conditions certaines des propositions du rapport pourraient contribuer à l’amélioration du service public, ou les écueils à éviter pour chacune, de manière constructive. Si des motivés ouverts d’esprit lisent ces lignes, ceci est un appel à collaboration :).
Certains penseront peut être que le fait même d’essayer de comprendre mérite le goudron et les plumes ou le procès en haute trahison, ou s’arrêteront de lire à cette ligne. Mais je reste convaincu que l’opposition totale et fermée, ainsi que l’immobilisme ou la volonté de retour en arrière font beaucoup plus de mal au système que les tentatives d’adaptation au monde qui nous entoure et à son évolution, quoiqu’on pense de ceux-ci.

I) Pourquoi ce besoin de refondre le système ?

a) L’Europe

Ce point est en fait peut être le plus cristallisant du débat pour beaucoup, qui réfutent l’idée même de l’ouverture à la concurrence dans le ferroviaire et donc l’orientation de base de l’étude. Mais pour autant qu’on puisse en débattre, ce point est en fait déjà tranché par l’Europe depuis 2016, à travers la directive 2012/034 et le réglement OSP, qui définissent respectivement au 14/12/2020 pour les grandes lignes (TGV) et à décembre 2023 pour les services conventionnés (TER) la date maximale d’ouverture à la concurrence.
Revenir sur ce sujet revient donc à revenir sur l’engagement européen de la France, ce qui est tout à fait respectable mais dépasse largement le cadre de notre débat.
L’ouverture à la concurrence doit donc être considérée comme un objectif obligatoire, et avec lui les enjeux qui la sous-tendent, à savoir :

  • le maintien d’un niveau maximal de sécurité (voir plus bas)
  • la maximisation de la satisfaction client
  • le non-dumping social et le respect des règles sociales françaises
  • l’optimisation de l’utilisation de l’argent public, avec des critères qui ne sont pas uniquement financiers, mais également sociaux ou encore environnementaux.
Le véritable enjeu de la discussion est donc : comment réussir à concilier au mieux tous ces enjeux ?

b) Le système coûte cher, et de plus en plus

D’aucuns répliqueront tout de suite qu’on ne peut pas tout voir sous l’angle financier. C’est bien entendu exact, et certaines dépenses peuvent paraître aberrantes dans l’absolu, et pourtant totalement justifiées au regard d’une certaine politique d’aménagement du territoire.
Mais comme il s’agit d’argent public, l’obligation est a minima de s’interroger sur son utilité, et donc de se poser la question : « est-ce que l’État ne pourrait pas obtenir un résultat égal ou supérieur (quelle que soit la façon de mesurer), en dépensant le même montant d’argent autrement, ou en en dépensant moins? ».
Surtout que les montants en jeu sont importants : jusqu’à 16,7 Milliards d’Euros par an injectés dans le ferroviaire, soit l’équivalent de la construction de 4000 écoles par an, ou de 350 000 postes de fonctionnaires. Et ce montant est en hausse de plus de 2 % par an.



Alors bien sûr, les bénéfices associés sont la plupart du temps énormes pour la collectivité, mais certains chiffres interpellent, par exemple :

  • Le taux de remplissage moyen des TER de 25 % . Et quand on voit certains TER archi-bondés, on imagine à quel point d’autres doivent être vides ailleurs pour aboutir à 25 % de moyenne !
  • 44 % du réseau voit passer moins de 2 % des voyageurs et nécessite 1.7Md€/an car il s’agit la plupart du temps de lignes hors d’âge. « Parmi les réseaux européens, seul le réseau ferré national français compte une telle proportion de lignes à faible trafic. » comme le relève le rapport Rivier.
Il ne s’agit donc pas tant de réduire les dépenses que de se poser la question si elles sont bien dirigées là où c’est vraiment utile. D’autant plus qu’avec son déficit récurrent et sa dette croissante, la situation du système ferroviaire n’est pas soutenable sur le long terme.

c) L’idée qu’on peut faire autrement

Le rapport ne se risque pas beaucoup à des comparaisons avec d’autres pays européens, qui sont toujours extrêmement périlleuses et souvent biaisées d’un côté ou de l’autre.
Malgré ça, on peut revenir sur 3 points :

  • Il faut d’abord évacuer le cas de la privatisation de la gestion du réseau par les Britanniques de 1994 à 2001, qui a donné lieu notamment à la catastrophe ferroviaire de Hatfield (4 morts et 170 blessés). Il s’agissait là d’abord d’une privatisation là alors qu’on parle d’une libéralisation chez nous, et surtout du gestionnaire du réseau, là où on parle surtout des transporteurs. Cette politique n’a aujourd’hui plus beaucoup de supporters, et sur le plan de la sécurité, les résultats des Britanniques sont tout à fait respectables aujourd’hui, voire meilleurs que ceux des Français (voir par exemple ce rapport de l’agence de sécurité européenne ERA : http://www.era.europa.eu/Document-Register/Documents/Railway%20Safety%20Performance%202016%20final%20E.pdf)
  • Les exemples européens sur la qualité de service montrent que d’autres systèmes peuvent aussi avoir des résultats, même si chacun a bien entendu des défauts : taux de régularité de 97.5 % pour les trains régionaux néerlandais par exemple, malgré une très forte densité de trafic, ou 96.3 % en Allemagne (dans les 2 cas avec des réseaux beaucoup plus maillés donc résilients), contre 90.3 % pour la France
  • L’exemple allemand, et même l’exemple britannique, bien que de plus en plus critiqué et remis en question, montrent également une réduction des concours publics (largement compensée en Grande Bretagne par la hausse du prix des billets, mais il peut s’agir d’une volonté politique assumée choisie par les citoyens à une certaine époque).
Bien entendu, comparaison n’est pas raison, et il n’est pas question d’appliquer bêtement un modèle étranger, mais bien de s’interroger sur les moyens de récupérer ce qui fonctionne ailleurs, tout en gardant ce qui fonctionne chez nous.

II) Les propositions du rapport

a) Redéfinir les priorités et le rôle du ferroviaire

1) Remettre en question la pertinence des petites lignes

Ce point déjà évoqué plus haut n’appelle pas forcément une réponse unique, et doit être analysé en fonction de l’état de l’infrastructure, de son utilité et plus largement de son bilan socio-économique, en toute transparence. La fermeture des lignes les moins pertinentes devrait être facilitée, et les crédits ainsi libérés pourraient être réutilisés pour par exemple renforcer le cadencement sur les lignes plus circulées.

Lignes les moins circulées du réseau en 2013 (source : rapport Spinetta)
De même, le rapport propose que les régions soient responsabilisées dans cette démarche, en ajoutant une part régionale aux redevances actuellement payées par l’État à SNCF Réseau pour la circulation des TER de manière à couvrir le coût complet du réseau. Les régions ont d'ores et déjà annoncé qu'elles n'étaient pas favorables à remettre la main à la poche pour financer ces petites lignes.
Le rapport prévoit également la signature d’un contrat entre les régions et les métropoles sur l’intermodalité, obligeant à se questionner sur l’intégration du train dans l’ensemble de l’offre de transport sur le territoire.

2) Mettre le paquet sur les lignes les plus densément circulées

Pour augmenter leur performance et moderniser leur exploitation, le rapport propose de réviser la trajectoire d’investissement de SNCF Réseau pour prioriser les lignes ayant les plus forts enjeux de performance.

3) Favoriser le développement des trafics TGV

Il n’est pas question ici de nouvelles infrastructures (étudiées par ailleurs dans le rapport Duron du Comité d’Orientation des Infrastructures), mais surtout des péages (voir d’ailleurs ici une explication sur le système).
Le rapport évacue la possibilité de restreindre la circulation des TGV aux seules Lignes à Grande Vitesse, bien que cette option puisse être économiquement pertinente (-15 % de chiffre d’affaire, mais +20 % de MOP, et un tiers de rames en moins selon une étude SNCF), pour des raisons d’aménagement du territoire et de difficultés pratiques à la mettre en œuvre. L’étude montre par contre que le service TGV n’est pas purement commercial, et que la SNCF ne choisit pas seule les dessertes qu’elle souhaite assumer aujourd’hui.
Afin d’équilibrer le système, que la SNCF ne soit pas désavantagée et que les dessertes continuent malgré tout à exister, le rapport propose de moduler les péages en fonction du chiffre d’affaire de chaque ligne, ce qui permettrait que les entreprises ferroviaires payent moins cher pour un train moins plein.

b) Rétablir l’équilibre économique du système

1) Faire maigrir l’EPIC de tête

Réunissant notamment les fonctions transverses, le rapport propose d’externaliser tout ce qui n’est pas spécifique...

2) Renforcer les efforts chez SNCF Réseau

En échange d’une possibilité de reprendre une partie de la dette qui est de toute façon non amortissable, et de l’augmentation des dividendes versées par SNCF Mobilités, le rapport propose de donner à l’ARAFER le pouvoir de définir les objectifs de productivités de SNCF Réseau, les augmenter de 160M€ d’ici 2026, et de réduire la hausse des péages à partir de 2020.
Le problème de la dette serait alors définitivement réglé en transformant l’entreprise en société anonyme, à capitaux 100 % publics et incessibles, de manière à empêcher que l'Etat puisse la conduire à reconstituer une dette impossible à amortir.

3) Renforcer la compétitivé du fret et normaliser Fret SNCF

Pour renforcer le fret en France, le rapport suggère de créer une filiale de SNCF Réseau spécialisée dans la gestion des capillaires fret et des installations de service, et de ne pas augmenter le prix des péages fret comme prévu aujourd’hui, pour rétablir un peu d’équité avec la route, où l’utilisation de l’infrastructure est également sous-tarifée.

Concernant Fret SNCF, le rapport reprend l’analyse déjà évoquée dans les médias selon laquelle les engagements pris par SNCF face à la Commission Européenne lors de sa recapitalisation en 2005 n’étant pas tenus, et la branche étant toujours en déficit avec une dette importante, la Commission ne laissera pas d’autre choix à la France que de filialiser l’activité pour accepter de la sauver.

4) Maximiser les revenus du TGV

Le rapport propose que la limite maximale fixée par l’État au tarif du billet TGV 2nde classe soit supprimée, en premier lieu sur Paris-Lyon-Marseille, car n’ayant pas de raison d’exister dans un marché commercial, et que TGV mette en place des tarifs aller-retour permettant de mieux optimiser les recettes, au-delà de la seule offre en carte Weekend existant aujourd’hui. Au delà de ça, le rapport ne propose pas d’évolution des péages, au-delà de la réduction de la hausse mentionnée précédemment. Il suggère plutôt de revoir les calculs comptables de SNCF Voyages aboutissant à une non rentabilité de l’activité…

Dans cette partie, le rapport note également au passage que l'offre Ouigo, bien que très pertinente, n'est pas encore à l'équilibre économique, et qu'il faut donc s'attendre à des hausses de prix de ces billets...

c) Les modalités de l’ouverture à la concurrence

Sur ce sujet hautement sensible, seuls les grands principes de mise en œuvre sont définis dans les directives européennes (obligation de neutralité du Gestionnaire d’Infrastructure, principes de séparation comptables, dates butoir, …). Les modalités principes restent à définir et font l’objet des propositions du rapport.
Notons tout d’abord qu’il existe en règle générale 2 types d’ouvertures à la concurrence dans le secteur :

  • Concurrence pour le marché, avec appel d’offre pour une certaine partie du réseau (une ligne, un groupe de lignes, …), et une réponse qui inclut notamment le montant de la subvention d’équilibre que l’entreprise juge nécessaire pour assumer le contrat (et qui peut être nulle s’il s’agit d’un service rentable). Ce type de concurrence nécessite une autorité organisatrice, qui définit les termes du contrat, le pilote, et verse la subvention d’équilibre (éventuellement modulée par des pénalités).
  • Concurrence dans le marché, ou en open access, où chaque entreprise est libre de proposer ses services en parallèle des autres. Ce mode de fonctionnement nécessite des règles d’attribution des sillons claires et impartiales.

1) Pour les transports régionaux

Dans ce domaine, le règlement OSP (Obligations de Service Public) européen prescrit une ouverture à la concurrence possible à partir de Décembre 2019, et obligatoire à partir de Décembre 2023.
Le rapport propose quant à lui les mêmes échéances, en poussant pour que l’attribution sans concurrence reste la règle jusqu’en 2023, l’ouverture à la concurrence restant possible sous forme d’exception à la demande des régions.
Pour les lignes Transilien, compte-tenu de leurs spécificités, l’échéance est repoussée à 2039 pour les lignes A et B du RER, à 2033 pour les lignes C, D & E, et entre 2019 et 2033 pour les autres lignes à l’appréciation d’Ile de France Mobilités.
Pour ce faire, les données nécessaires devront être définies par l’État et validées par l’ARAFER, et la concurrence se fera pour le marché, sous forme d'appels d'offres, dont la consistance sera laissée à l'appréciation des régions, et pourra donc soit prendre la forme de lignes isolées du reste du réseau (comme déjà identifié en Rhones-Alpes avec la ligne St Gervais-Vallorcine ou le tram-train de l'Ouest Lyonnais), soit de portions de réseau plus conséquentes.

Le Matériel Roulant et les Ateliers de Maintenance doivent pouvoir être repris par les Régions qui en feraient la demande, moyennant une compensation financières à la SNCF.

Concernant le système billettique et de distribution, celui de la SNCF devra d’ici 2023 être en mesure de commercialiser en toute équité les offres des autres entreprises régionales. Ce sujet reste pour l’auteur à approfondir techniquement.

2) Pour les transports longue distance

Pour ces services, l’auteur suggère de privilégier la concurrence en open access, où chaque entreprise peut librement proposer ses services.
Pour éviter le phénomène d’écrémage, où les entreprises se concentrent sur les dessertes rentables et suppriment celles qui ne le sont pas, le rapport propose 3 pistes :

  • Réfléchir à une meilleure articulation avec les TER lorsque le TGV ne s’impose pas logiquement
  • Ouvrir la possibilité de conventionner certaines dessertes TGV, sous forme d’appel d’offre
  • Inclure dans la définition des accords-cadres entre SNCF Réseau et les entreprises ferroviaires une réflexion sur les dessertes terminales (par exemple : réserver une partie des sillons sur la relation Paris-Lyon aux trains qui font Paris-Lyon-Grenoble)
Pour l’attribution des sillons, le rapport se limite à recommander une étude des modalités de traitement de la congestion et la publication d’un état des lieux des capacités disponibles à différents horizons de temps.
Il rejette la possibilité de mettre en place des ROSCOS (entreprises de location de matériel roulant), préférant pousser l’amélioration de la visibilité sur la disponibilité des sillons et leur tarification, dans le cadre d’accords-cadres, permettant aux entreprises d’investir pour du long terme.

En ce qui concerne les tarifs, le rapport propose de supprimer les règles qui subsistent sur la régulation des tarifs TGV, qui datent d’une autre époque et n’ont plus grande pertinence aujourd’hui. Il propose également soit d’étendre les tarifs sociaux à toutes les entreprises, soit de les supprimer et de les laisser à l’initiative des entreprises ferroviaires (comme c’est en fait déjà le cas pour SNCF puisque l’entreprise ne reçoit plus de compensation de l’État pour ces tarifs depuis quelques années…).

3) Le transfert des personnels

i. Pourquoi ?

A partir du moment où SNCF va perdre des contrats, ce qui est inéluctable avec l’arrivée de la concurrence, on ne peut pas imaginer qu’elle garde le personnel si elle ne garde pas les missions qu’il assurait jusqu’à aujourd’hui. De plus, étant donné la spécificité des métiers ferroviaires, repartir à zéro à chaque nouvelle entreprise présenterait un risque inacceptable, et des surcoûts énormes liés à la formation.

ii. Quels personnels ?

Ce point resterait à définir entre la SNCF et l’autorité organisatrice, avec éventuellement le contrôle de l’ARAFER. Il concernerait l’ensemble des métiers concourant directement à la production du service, ainsi qu’une partie des fonctions support.
La désignation précise du personnel concerné devra faire l’objet d’une concertation entre toutes les parties, éventuellement tranchée par un décret en Conseil d’Etat si les négociations n’aboutissent pas entre les partenaires sociaux.

iii. Comment ?

Le rapport suggère d’appliquer les dispositions du statut de cheminot sur la mobilité fonctionnelle et géographique, qui implique déjà une obligation de mobilité, sous peine de rupture de contrat de travail. Cette obligation contractuelle de mobilité est aujourd’hui déjà une des contreparties à la garantie de l’emploi.

iv. Quelles garanties ?

- Maintien du salaire net
- Maintien de l’ancienneté
- Maintien du régime spécial de retraite (avec une surcotisation T2 payée par le nouvel employeur)
- Maintien de la garantie de l’emploi (rupture du contrat uniquement dans les cas prévus au statut)
- Maintien des facilités de circulation pour l’agent et ses ayants droits. Par contre, il est à craindre que ces facilités soient considérées comme des avantages en nature, et donc éventuellement fiscalisées.
- Maintien d’un régime de prévoyance au moins équivalent à l’existant, avec la possibilité d’accéder au réseau de médecins SNCF
- Maintien des accords collectifs jusqu’à négociation avec le nouvel employeur, et maintien des accords locaux et des usages (EVS) jusqu’à dénonciation par le nouvel employeur.
- Maintien au moins au départ d’une partie du principe des notations, sous des modalités qui ne semblent pas très claires à ce stade.

4) Améliorer la compétitivité de la SNCF

L’auteur du rapport est convaincu que la SNCF est moins compétitive que le marché à hauteur de 30 %, principalement en raison de :

  • Régime spécial des retraites (surcotisation T2) : +12 %
  • L’organisation du temps de travail avec l’accord d’entreprise équivalant au RH00077
  • Le dictionnaire des filières, qui empêche la polyvalence des agents
  • Le déroulement des carrières qui entraîne une augmentation des salaires plus forte que la moyenne
  • Des frais de structure importants.

Pour y remédier, le rapport propose 3 mesures :

  • Laisser l’entreprise négocier comme toutes les autres entreprises, sans nécessiter une approbation par l’État de certaines modifications
  • Arrêter les recrutements au statut, sans modifier ses conditions pour les agents y étant soumis aujourd’hui, et en mettant en place des accords sociaux (comme pour les PS25 aujourd’hui), permettant d'atténuer les différences entre les 2 régimes.
  • Autoriser le recours à des plans de départs volontaires, permettant de faire partir des agents le souhaitant dans des conditions adaptées, avec des offres de reclassement et de formation appropriées, et à hauteur d’environ 5000 postes. Cette possibilité permettrait de résorber une partie des sureffectifs de l’entreprise dans certains services non précisés.

5) Revoir l’organisation du secteur

Jean-Cyril Spinetta termine son rapport sur plusieurs propositions visant à retoucher certaines dispositions de la loi de réforme ferroviaire du 04 Août 2014 sur les points suivants :


  • Transformer SNCF Mobilités en Société Anonyme à capitaux publics. Ce point hautement conflictuel est pourtant inévitable car déjà jugé par la Cour de Justice de l’Union Européenne après plusieurs procédures de la Commission Européenne, considérant que le statut d’EPIC offrait une garantie financière illimitée à l’entreprise, et donc un avantage concurrentiel inéquitable.
  • Rattacher Gares & Connexions à SNCF Réseau, en filialisant certaines activités (notamment l’activité de développement commercial des gares), et envisager le transfert de propriété de certaines gares régionales aux Régions.
  • Revoir le rôle et les missions de la SUGE, en séparant ce qui relève du gardiennage pouvant être effectué par d’autres entreprises, des missions qui relèvent de la police ferroviaire, pouvant être rendues obligatoires pour toutes les entreprises financières et donc financé par une taxe sur les entreprises ferroviaires.
  • Confier les missions de gestion de crise à SNCF Réseau, clarifier le reste des missions de l’EPIC SNCF de tête et envisager sa fusion avec l’EPSF, voire en faire une agence indépendante, oeuvrant pour l’ensemble des entreprises ferroviaires et promouvant notamment la sécurité de tout le système (directeur général sécurité aujourd’hui propre aux 3 EPIC SNCF, demain à toutes les entreprises).


Conclusion

Les propositions de ce rapport ne seront pas forcément intégralement reprises telles quelles par le gouvernement lors de la rédaction de son projet de loi (ou de ses ordonnances, cette possibilité un temps évoquée n'ayant à ma connaissance pas encore été écartée), mais on peut tabler qu'elles l'inspireront grandement, après la phase de concertation déjà annoncée dès la semaine prochaine.
Elles ne manqueront pas de faire réagir les cheminots, et notamment la CGT qui a déjà annoncé une manifestation pour le 22 Mars.
Le changement fait toujours peur, et on peut donc comprendre l'inquiétude des cheminots qui peuvent être personnellement touchés par les propositions annoncées. Cela ne justifie pas pour autant toutes les généralisations qu'on va beaucoup entendre dans les prochaines semaines, et l'hystérisation à venir des deux camps, que ça soit certains journalistes ou invités politiques caricaturant les cheminots comme des feignants ou des nantis, ou certains cheminots s'opposant à tout, sauf au retour en arrière. Espérons que ce rapport puisse évoluer avec la prise en compte des arguments qui seront donnés dans les prochaines semaines, et qu'il ne se traduise pas par la caricature qu'on peut déjà en lire sur les réseaux sociaux.

Les prochains mois ne devront pas faire perdre de vue le rôle essentiel du ferroviaire en général, et du service public ferroviaire en particulier, et même si on peut s'opposer sur les moyens de le sauver et de le développer, il faudra éviter les procès d'intention, les condamnations aveugles, et le refus d'analyser les propositions qui seront faites d'un côté comme de l'autre.
La SNCF continuera à avoir un rôle essentiel à jouer dans le futur système ferroviaire, de par son histoire si riche et ses compétences indéniables dans beaucoup de domaines, mais elle doit aussi accepter de se remettre en question, et surtout nous, cheminots, ne devons pas oublier que c'est d'abord nous qui devons continuer à collaborer, nous entraider, servir les usagers et les clients, et peut être, au final accepter de ne plus être les seuls à assurer le service public en direct, mais "seulement" de répondre aux objectifs des représentants élus du peuple, qui deviendront, eux, plus responsables de leur stratégie, et dont il faudra bien s'assurer qu'ils le soient.

lundi 5 décembre 2016

SNCF, ça me Bot !

Cet article décrit le fonctionnement d’un bot perso développé sur Facebook Messenger avec les données de l’API SNCF, et disponible ici. Comme tous les articles de ce blog, il ne s’agit pas d’un travail de spécialiste mais d’un partage des connaissances acquises lors de la réalisation de cet outil.
Précisons également qu'il s'agit d'un "Work in Progress", il a donc probablement évolué depuis votre dernière visite si vous l'avez déjà testé, et continuera peut être dans les jours, mois ou années à venir, bien qu'il n'ait aucune vocation commerciale.

I) C’est quoi un bot ?


1) Les bots

Dans ce contexte, bot est le diminutif de robot. Il s’agit donc d’un programme qui agit comme un robot, c’est à dire de manière (plus ou moins) autonome pour réaliser des actions pour lesquelles on l’a programmé (ou pas, lorsque les machines auront pris le pouvoir).


2) L’apport de l’intelligence artificielle

Les bots ont connu un vrai boom ces derniers mois, portés par l’ouverture au public de plusieurs interfaces les rendant relativement simples d’accès (Messenger ou Slack notamment), et par le boom encore plus spectaculaire de l’intelligence artificielle. Ce dernier est lui-même porté par la puissance de plus en plus importante des processeurs de nos ordinateurs, et la redécouverte récente du concept des réseaux de neurones.
Récemment, plusieurs moteurs d’intelligence artificiels ont été rendus accessibles par les géants du net (TensorFlow de Google, Amazon Machine Learning, Microsoft CNTK …).
Tous ces outils facilitent la mise en oeuvre des techniques d’intelligence artificielle en s’appuyant sur les milliards de données déjà digérées par ces géants. En les ouvrant au public, ces entreprises ne font pas (uniquement) acte de philantropie, mais cherchent à développer les usages et à accumuler toujours plus de données pour enrichir leurs capacités.
Wit.ai, racheté par Facebook en 2015, utilise les mêmes techniques, et est spécialisé dans l’analyse du language.


II) Et ça fait quoi ?


Voici les fonctionnalités actuellement disponibles :

1) Départs d’une gare


a) Horaires & Retards


En entrant simplement le nom d’une gare, on obtient la liste des 5 prochains départs depuis cette gare.
En complément, on obtient avant cela la liste de tous les trains en retard au départ de cette gare dans l’heure précédente, avec la cause de leur retard (lorsqu’elle existe).


b) Projection dans le temps


Le même résultat peut être obtenu à une date et/ou une heure différente de l’instant présent.


c) Envoi de sa position


Le tableau des départs peut également être obtenu pour la gare la plus proche de notre position actuelle en envoyant cette position sur Messenger (uniquement accessible sur mobile)

Envoi de sa position


Malheureusement, l’API publique SNCF ne fournit pas aujourd’hui les numéros des voies de départ des trains, elles ne figurent donc pas dans les résultats du bot :(

3) Itinéraire


En entrant cette fois 2 gares, on obtient le premier itinéraire permettant de rejoindre ces 2 gares à partir de maintenant.
On obtient également la liste des retards de la dernière heure dans chacune des gares d’arrêt intermédiaires sur le trajet.



III) Pourquoi ?


Ce bot n’a strictement rien de révolutionnaire, et reste limité et faillible. Mais il répond à quelques besoins qui, s’ils n’ont rien d’universels, sont au moins personnels :


1) Essayer de comprendre les situations perturbées


Les retards qui sont fournis par l’API SNCF incluent une cause. En l’affichant avec les départs ou tout au long de l’itinéraire, chacun est ainsi susceptible d’anticiper un retard prévisible, ou au moins de comprendre pourquoi “ça roule mal”, et essayer d’en déduire un délai de reprise quand il n’est pas annoncé.
D’ailleurs, il y a certainement quelque chose à faire en analysant ce flot de données pour réellement prédire les retards, un peu comme ça (http://motherboard.vice.com/read/the-math-that-can-predict-transit-delays-two-hours-into-the-future), mais c’est un tout autre projet...

2) Pouvoir avoir les horaires de train quand on capte mal


En effet, grâce à l’appli Messenger, il n’est pas nécessaire d’avoir du réseau en continu pour avoir une réponse. Il suffit d’accrocher du réseau suffisamment longtemps pour que notre question puisse partir, puis ensuite que la réponse puisse arriver, quel que soit le nombre de coupures qui puissent arriver dans l'intervalle. Plus pratique que l’appli SNCF qui nécessite aujourd’hui le réseau pour pouvoir ne serait-ce que rentrer le nom d’une gare (ce qui a cependant l’intérêt de régler les problèmes 4 et 5 évoqués en dernière partie).

3) Gagner du temps


Envoyer sa position sur Facebook Messenger prend à peine quelques secondes, et il suffit ensuite d’en attendre quelques autres (où l’on peut faire autre chose) pour avoir l’information sur l’état du trafic dans la gare la plus proche de chez soi. Certes, l’appli SNCF offre déjà cette possibilité, mais avec quelques temps de chargement parfois pénibles.

IV) Comment ça marche ?


1) L’API SNCF


L’ensemble des données fournies par le bot repose sur l’API SNCF (https://data.sncf.com/api). Et qu’est ce qu’une API ? Il s’agit d’une Interface de Programmation Applicative, c’est à dire une façade avec un mode d’emploi qui explique précisément ce dont elle est capable, et sous quelle forme seront obtenus les résultats.
Exemple simplifié : pour obtenir les horaires entre deux villes, on accèdera par exemple à la page suivante : https://api.sncf.com/itineraire?de=Paris&a=Lyon, qui nous renverra les résultats sous un format bien particulier qui permet d’être ensuite facilement réutilisé. [Ce lien ne fonctionne pas, car il faut d’une part s’authentifier pour accéder à l’API (pour éviter le pillage des données notamment par Google, demande à effectuer par mail auprès de SNCF), et d’autre part il est volontairement simplifié pour l’exemple, mais le principe est là].

Un exemple de retour de l'API pour les perturbations

2) WIT.AI


Le coeur du réacteur est ici. C’est cet outil qui va recevoir le texte écrit sur Messenger, et qui va le transformer en données qui seront ensuite envoyées à l’API.

Pour cela, Wit va d’abord détecter l’intention du message, puis ensuite les entités utiles pour accomplir l’intention. Pour notre bot, il y a 3 intentions possibles :
- le bonjour : si on salue le bot, il répondra par un simple message de bienvenue
- le départ : si on cherche à obtenir le tableau des départs depuis une gare. Les entités utiles à la réalisation de l’intention sont donc une gare, et éventuellement une date/heure si on souhaite obtenir ce tableau à une date différente de maintenant.
- l’itinéraire : si on cherche à obtenir l’itinéraire entre deux gares. Les entités sont ici deux gares, ainsi de même qu’une éventuelle date/heure.

Une fois que le bot a compris l’intention, et identifié les entités utiles, il transmet ces éléments à notre code “maison”, qui va ensuite simplement le mettre en forme pour le transmettre à l’API dans le format prescrit.

Les intentions et les entités sont enseignées à Wit en lui montrant autant d’exemples que possible. Certaines entités sont déjà connues par Wit, par exemple une date ou une heure. Wit sait ainsi très bien détecter une date ou une heure dans un message quel qu’il soit.
Pour les gares, nous lui avons donné un certain nombre d’exemples de gares en indiquant que c’était effectivement des gares, de manière à ce qu’il sache ensuite généraliser. En lui disant par exemple que Dijon Ville, Vierzon Ville et Nanterre Ville sont des gares, il y a de bonnes chances qu’il déduise seul que Valence Ville est également une gare.
Bien sûr, il y a des limites à cette méthode car il est très difficile de faire la différence par exemple entre un nom de ville et un nom de gare. Ce n’est pas utile dans notre cas car on n’utilise que des gares, mais cela nécessiterait une attention particulière dans d’autres cas.

De même, la détection des intentions est issue d’un entraînement avec plusieurs exemples factices.

Entrainement du bot. On voit ici la détection de l'intention, ainsi que des 2 gares

Reprenons notre exemple pour illustrer le fonctionnement. Si j’écris dans Messenger : “je voudrais l’itinéraire de Paris à Lyon”, Wit doit détecter l’intention “itinéraire”, et les concepts de gare de Paris et de Lyon. Il les transmet ensuite à notre code maison, qui va alors les mettre en forme pour lire le contenu de la page https://api.sncf.com/itineraire?de=Paris&a=Lyon.

Une des richesses de cet outil est qu'il apprend en permanence. Ainsi, tous les messages qu'il reçoit sont enregistrés, et peuvent être corrigé pour améliorer les résultats.

Un exemple d'erreur : Brdx n'a pas été détecté comme une gare. On peut corriger cette erreur manuellement pour éviter qu'elle ne se reproduise par la suite.


V) Ca marche pas !


Il est très facile de mettre le bot en échec. Voici quelques exemples et explications.

1) Lui dire des choses qui n’ont rien à voir avec sa fonction première


Le bot comprend ce qu’on lui a dit de comprendre. Et dans notre cas, il s’agit des gares. Il va donc systématiquement essayer de détecter des gares dans les phrases qu’on lui donne.
Comme on l’a vu plus haut, il connait aussi le concept de “bonjour” (pas très bien d’ailleurs, car il n’a pas eu beaucoup d’entraînement).
Mais rien d’autre. Si on lui parle d’autre chose, il va donc toujours essayer de se raccrocher à ces 2 éléments, ce qui peut parfois donner des résultats inattendus.


2) L’ambiguité


Le meilleur exemple : Paris Lyon. Est-ce qu’on cherche les horaires au départ de la gare de Paris Lyon, ou l’itinéraire pour aller de Paris à Lyon ? L’intelligence artificielle n’est ici d’aucune aide, sans contexte on ne peut pas faire mieux que tirer à pile ou face. Et en l’occurence, le bot a été entraîné pour supposer que c’était un itinéraire.

3) C’est long


Oui, la réponse est un peu longue à arriver. Ce délai n’est pas du tout lié à Wit, mais purement à l’analyse des retours de l’API sur les retards. En effet, l’API est ainsi faite qu’il est impossible de filtrer les retards autrement que dans le temps. Ainsi, en cherchant les retards de la dernière heure, il est impossible d’indiquer qu’on ne souhaite les retards qu’à une seule gare. On obtient donc systématique la liste de tous les trains en retard de la dernière heure partout en France. Alors, non, cette liste n’est pas si longue que ça (n’oublions pas que plus de 90% des trains sont à l’heure en moyenne ;) ), mais tout de même, son analyse prend un petit peu de temps. L’optimisation de cette analyse fait partie des pistes de développement possibles par la suite.

4) Villes à plusieurs gares


Exemple : Paris. Lorsqu’on cherche un itinéraire Paris – Ailleurs, le bot ne va pas essayer de deviner la gare de Paris la plus adaptée (ce qui n’est d’ailleurs pas forcément simple et, sauf erreur, pas fourni par l’API). Le bot ne va donc ici que “recracher” le résultat de l’API, c’est à dire la première gare qui sort quand on l’interroge sur Paris (en l’occurence, Paris Nord).


5) Pas la bonne gare


Il peut arriver que le bot renvoit le tableau des horaires d’une autre gare que celle qu’on souhaitait. Le problème vient de l’ordre dans lequel l’API SNCF renvoit les résultats lorsqu’on l’interroge. Etant donné que le code “Maison” choisit systématiquement le premier résultat de la liste, cela peut être surprenant.
Ce point pourrait être amélioré en proposant d’autres choix de gares lorsque le doute est possible.

6) Pas de réponse


Parfois, Wit n’arrive pas à détecter correctement les intentions ou les concepts, ou se trompe. Par exemple, lorsqu’on lui dit “Mer”, il détecte une date et ne fait rien, alors qu’il peut aussi s’agir de la gare de Mer.

Il peut aussi arriver que le bot “désaprenne”, c’est à dire réponde mal alors qu’il répondait bien la fois précédente. Cela fait partie des caractéristiques de l’intelligence artificielle : même en lui apprenant que Mer est une gare, il peut très bien se tromper et prendre Mer pour une date, car d’autres exemples d’apprentissage l’auront conduit à cette conclusion. La réponse n’est pas codée “en dur”, le système tente une réponse sur la base de l’ensemble de ses connaissances précédentes et peut donc se tromper, de manière très similaire … à l’humain !


Ce bot est donc assez loin de la perfection, mais il a au moins 2 intérêts personnels complémentaires à ceux exposés en partie III :
- Tester l’utilisation de Facebook Messenger et les capacités de son moteur d’intelligence artificielle. Beaucoup de bots se sont déjà aventurés sur ce terrain, y compris au sein du groupe SNCF (on peut citer Ouibus, ou Voyages-sncf.com qui est particulièrement efficace (https://www.facebook.com/VbotMessenger/), et pas uniquement basé sur des boutons).
- Explorer les possibilités de l’API SNCF


Le code peut être mis à disposition sur simple demande, et n’hésitez pas à réagir pour améliorer l’article, ou le bot !

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